Échec ou réussite ?

Plusieurs mois ont passé depuis la sortie de mon sixième roman « Comme un béluga prisonnier des glaces », et… je me demande s’il sera le dernier.

Ce livre est différent des autres : c’est une autobiographie. C’est mon histoire, ma vie, mon intimité. Je me suis racontée, confiée, avec sincérité, avec simplicité.

Depuis sa publication, je suis partagée entre deux sensations : échec ou réussite ?

Réussite ? Certainement, parce que l’écrire fut une aventure créative et personnelle, unique et gratifiante. Car j’ai ressenti cette satisfaction d’être parvenue à exprimer la complexité des situations vécues, à décrire les émotions et les sentiments qui ont bouleversé mon existence.

Mais échec aussi, parce que ce roman a suscité peu de retours, peu d’intérêt, peu d’échanges… et peu de ventes aussi (même si c’est secondaire, c’est aussi un signe de succès…).

Bien sûr, les commentaires et les messages, même rares, ont tous été très positifs et bienveillants, et je remercie du fond du cœur celles et ceux qui m’ont fait part de leurs impressions de lecture. C’est si important pour moi…

Mais, « Comme un béluga… » n’a pas reçu l’accueil espéré…

…et la déception a asséché ma plume.

Ou bien, se pourrait-il que j’ai tout dit ?

Je ne sais s’il s’agit d’un au revoir ou d’un adieu, mais ce qui est sûr, c’est que je suis en partance pour ma « traversée du désert ».

Quoiqu’il advienne, je tiens à vous remercier de m’avoir accompagnée si fidèlement tout au long de ces années, de m’avoir soutenue au fil de mes romans.

Je vous embrasse.

Léa

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Peter Gabriel – Secret World Live

De fil en aiguille…

… Il arrive que ma mémoire soit ravivée d’une piqûre de rappel musical qui m’enchante à nouveau. Comme ce fut le cas pour le Graceland de Paul Simon il y a quelque temps, un heureux hasard m’a récemment incitée à ressortir un petit bijou de ma discothèque.

Cela débute avec l’émission TaratataYoussou N’Dour, lors de son interview, chante un extrait de « Shaking the tree ».

Et là, connexion immédiate : « Shaking the tree », Peter Gabriel, Secret World Live, 1994, concert exceptionnel !

secretworldlive

Je pose le CD sur ma platine, et le bonheur est immédiat, l’émotion intacte.

Je visionne la vidéo du concert, et les retrouvailles sont magiques :

Manu Katché excellent de précision, de fluidité, de légèreté, d’inventivité.

Tony Levin à la basse puissante et envoûtante.

David Rhodes, au jeu guitaristique humble, fin, léger et efficace.

Paula Cole, présence magnifique et solaire, à la voix si profonde.

Peter Gabriel… maître de cérémonie.

Leur plaisir et leurs sourires !

Savourez !

Shaking the tree– Peter Gabriel (Secret World Live)

Concert Secret World Live (intégralité)

 

Comme un béluga prisonnier des glaces

Mon nouveau roman est aujourd’hui disponible sur Amazon (versions ebook et broché) :

Commander  « Comme un béluga prisonnier des glaces »

Bonne lecture !

cover recto Comme un béluga

Plusieurs mois après la rupture, Solenn ne parvient toujours pas à faire le deuil de sa passion amoureuse, et souffre d’une grave dépression. Ce traumatisme émotionnel, révélateur d’une souffrance bien plus profonde, va pousser Solenn à une longue et éprouvante introspection, entre errances et thérapies, rémissions et rechutes, espérance et désespoir.

Cinq ans après son premier roman « L’attrape-rêves », Léa Viler replonge au cœur d’une expérience intime qui fut un tournant décisif de son existence.

Roman autobiographique, « Comme un béluga prisonnier des glaces » raconte l’histoire de cette résilience.

J-15…

cover recto Comme un béluga

Plusieurs mois après la rupture, Solenn ne parvient toujours pas à faire le deuil de sa passion amoureuse, et souffre d’une grave dépression. Ce traumatisme émotionnel, révélateur d’une souffrance bien plus profonde, va pousser Solenn à une longue et éprouvante introspection, entre errances et thérapies, rémissions et rechutes, espérance et désespoir.

Cinq ans après son premier roman « L’attrape-rêves », Léa Viler replonge au cœur d’une expérience intime qui fut un tournant décisif de son existence.

Roman autobiographique, « Comme un béluga prisonnier des glaces » raconte l’histoire de cette résilience.

 

Roman achevé… ?

… Lorsqu’on a écrit le dernier mot de la dernière phrase du dernier chapitre, un livre est-il achevé ?

Oui, certes… l’histoire est bouclée, les personnages ont évolué, mais le roman est-il réellement terminé, abouti ? L’auteure pourrait en douter… en doutera sûrement, quelque temps. Alors elle lira et relira, modifiera certains passages, certains mots, supprimera une virgule, ajoutera un adjectif, modifiera à nouveau les modifications… Bien sûr, une œuvre est toujours perfectible…

Mais j’ai fait mienne cette citation d’Elizabeth Gilbert : « Et pour commencer, oubliez la perfection. Nous n’avons pas le temps d’être parfaits. En tout cas la perfection est impossible à atteindre : c’est un mythe, un piège, une roue pour hamster où vous vous épuiserez à tourner jusqu’à la mort… Le perfectionnisme empêche les gens d’achever leur travail, certes- mais pire encore, il les empêche de le commencer. »

Et au fil de mes publications, grâce à la reconnaissance des lectrices et des lecteurs, j’ai acquis suffisamment de confiance pour ne plus hésiter à partager mes créations littéraires, même modestes, même imparfaites… L’essentiel reste de s’être dévouée, de s’être appliquée afin d’être satisfaite de son travail :

« L’ultime geste de confiance créative-et c’est parfois le plus difficile-consiste à faire connaître au monde votre travail une fois qu’il est achevé. » Elizabeth Gilbert

C’est à ce moment-là que l’éditrice intervient : elle signifie à l’auteure que le manuscrit est effectivement achevé, prêt à être publié, et lui propose une date de parution.

Et quand l’auteure et l’éditrice ne sont qu’une seule et même personne… cela devient plus problématique… ou plus flexible…

En tant qu’auteure, j’ai donc décidé de prendre des vacances avant d’endosser le rôle de l’éditrice et de préparer la sortie de mon nouveau roman.

Tout au long de cet été, l’une comme l’autre promettons de vous donner des nouvelles (et aussi quelques indices) sur le petit dernier 🙂

Bel été à toutes & tous !

A bientôt !

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Quand on a 17 ans… et… Moonlight

Quand on a 17 ans d’André Téchiné

Quand on a 17 ans

Dans le sud-ouest de la France, au cœur des Pyrénées, Damien, 17 ans, fils de militaire, vit avec sa mère médecin, pendant que son père est en mission. Au lycée, il est malmené par Thomas, enfant adoptif de fermiers montagnards. La violence dont Damien et Thomas font preuve l’un envers l’autre va évoluer en désirs troubles quand la mère de Damien décide de recueillir Thomas sous leur toit.

Les deux jeunes acteurs, Kacey Mottet Klein et Corentin Fila, d’une authenticité sensuelle et brute, sont formidablement dirigés. Sandrine Kimberlain y est elle aussi, parfaite.

Bande annonce « Quand on a 17 ans »

Moonlight de Barry Jenkins

moonlight movie poster

L’histoire de Moonlight se déroule aux États-Unis, dans un quartier défavorisé de Miami où Chiron, un afro-américain, tente de grandir entre un milieu scolaire hostile et sa mère toxicomane. Il découvre son homosexualité, et peine à trouver sa place dans cet environnement social violent aux codes hétéro-normés.

Le film est scindé en trois parties correspondant à trois périodes cruciales de la vie de Chiron : 9-10 ans, 16-17 ans, et dix ans plus tard.

Barry Jenkins filme avec beaucoup de délicatesse le parcours de Chiron, sans jamais édulcorer l’homophobie dont est victime le héros.

Bande annonce « Moonlight »

Quand on a 17 ans et Moonlight sont deux films remarquables traitant de la même quête d’identité, chacun avec une approche différente reflétant deux cultures différentes, deux milieux sociaux différents, deux démarches artistiques différentes.

Mais tous deux décrivent avec talent, clairvoyance et sensibilité, cette confusion et cette difficulté d’être lorsque l’on prend conscience de sa différence ; et ils mettent tous deux en évidence que, finalement, l’homophobie la plus violente et la plus dévastatrice est bien celle que l’on porte en nous, malgré nous. Cette homophobie ordinaire, archaïque, héritage délétère qui rend nos désirs opaques et nous pousse à l’auto-censure.

Princesse Transparence (conte)

Voici un des premiers contes que j’ai écrit… il y a de cela de nombreux hivers :

Princesse Transparence

Il était une fois, dans un lointain et froid pays, une princesse qui vivait seule dans une immense demeure faite de neige et de glace. Elle ne sortait jamais car, dehors, un blizzard incessant soufflait avec une telle force que les tourbillons de neige qu’il soulevait formaient d’épais nuages qui masquaient le pâle soleil.

Elle ne parlait pas, et chez elle, il régnait un grand silence où bourdonnait le souffle du vent.

Une longue chevelure blanche recouvrait son corps nu et blanc. Chaque matin, la princesse brossait ses cheveux devant le grand miroir. Puis, le reste de la journée, elle écoutait ses pensées tout en guettant une improbable accalmie du blizzard.

Un jour qu’elle se mirait dans la psyché, elle remarqua que sa peau était plus claire que la veille. Elle ne s’en inquiéta pas puisque cela n’était pas douloureux. Mais cela occupa toutes ses pensées jusqu’au soir. Et le lendemain, au réveil, la princesse se précipita vers le miroir et vit que son corps s’éclaircissait.

Ainsi, jour après jour, la princesse assistait à cet étrange et indolore phénomène : elle devenait transparente.

Elle concentra tout son esprit sur cette lente métamorphose en essayant de lui trouver une explication, une origine ou un dénouement, mais en vain.

Puis, un matin, la princesse s’approcha du miroir et ne s’y vit pas : la psyché ne réfléchissait plus rien d’elle. Pourtant, elle était sûre d’exister. Elle sentait son corps sous ses mains, et ses cheveux dans ses doigts.

Elle décida de sortir.

Lorsqu’elle ouvrit la porte et fit un premier pas à l’extérieur, le vent cessa, les nuages de neige se dissipèrent, et le soleil, enfin libéré, apparut. Éblouie, la princesse cligna des paupières et vit, posé sur la ligne blanche de l’horizon, un magnifique arc-en-ciel. Elle se dit qu’il devait être là depuis très longtemps, rendu invisible par les tourmentes de neige. Elle imprégna ses rétines de ces sept nouvelles couleurs et se mit à marcher.

Elle marcha droit devant elle, sans se retourner, les yeux fixés sur l’arc-en-ciel.

Elle marcha longtemps au milieu de la vaste plaine blanche qui s’étirait à perte de vue.

Elle marcha pendant des jours, des semaines, des mois, peut-être des années…

Elle s’arrêta quand elle sentit que ses pieds foulaient une autre matière que la neige : quelque chose de souple et de beaucoup moins froid. En se penchant, la princesse vit que cela était de la quatrième couleur de l’arc-en-ciel. Elle remarqua aussi qu’au contact de cette matière, ses pieds en avaient pris la couleur.

La princesse trouva cela joli et continua son chemin.

Bientôt, elle aperçut au loin une immense étendue de la troisième couleur de l’arc-en-ciel. En s’approchant, elle découvrit que la surface en était lisse et brillante. La princesse se dit que ce devait être agréable de marcher dessus. Elle y posa un pied, mais il s’enfonça. Un peu surprise mais confiante, elle y glissa l’autre pied et fit quelques pas. La princesse aimait cette nouvelle sensation : l’étrange matière enveloppait ses jambes comme une douce peau. Elle y resta un long moment, puis décida d’en sortir. En regagnant la rive, elle vit que ses jambes étaient de la même couleur que cette matière.

La princesse trouva cela joli et continua son chemin.

Un peu plus tard, une énorme bosse se dressa devant elle. Elle était tachetée d’inombrables petits points de la deuxième couleur de l’arc-en-ciel. La princesse grimpa sur la bosse et tendit les mains vers ces petites formes rondes. Au moment où elle les toucha, ses doigts se teintèrent de la même couleur, ainsi que ses bras qui, eux, prirent une teinte plus foncée, proche de la première couleur de l’arc-en-ciel.

La princesse trouva cela joli et continua son chemin.

Plus loin, elle vit une maison qui était de plusieurs couleurs : couleur de neige, couleur de la matière sur laquelle on marche et de celle dans laquelle on s’enfonce. La princesse s’en approcha et y entra.

A l’intérieur, il ne faisait plus du tout froid. La princesse sentit sur sa peau un souffle d’air qui lui faisait du bien. Il semblait provenir d’un des murs sur lequel dansaient la cinquième et la sixième couleur de l’arc-en-ciel. La princesse voulut les toucher, mais elle retira aussitôt sa main car cela lui fit mal. Elle recula un peu, et se tint à l’endroit où le souffle était le plus doux. Elle remarqua que son ventre et sa poitrine se coloraient des mêmes teintes.

La princesse trouva cela joli, s’allongea et s’endormit.

Elle fut réveillée par deux caresses : une dans ses cheveux, et l’autre sur ses lèvres. Aussitôt sa bouche et sa chevelure devinrent de la septième couleur de l’arc-en-ciel.

La princesse ouvrit les yeux et découvrit l’Autre.

Elle entendit : « Bonjour Princesse Arc-en-ciel. »

Léa VILER – 1999

arc-en-ciel

Il y a 30 ans… j’écoutais « Graceland »

graceland

C’est un coup de cœur qui date d’il y a 30 ans… et qui, aujourd’hui, se rappelle au bon souvenir de mes oreilles… ravies.

En 1986, alors jeune étudiante, j’écoutais en boucle (car il s’agissait d’une cassette audio, familièrement appelée K7) « Graceland », le nouvel album de Paul Simon.

Grâce à sa réédition en CD, je redécouvre ce bijou musical qui compte parmi les premiers disques ayant lancé la version moderne de la World Music.

C’est en Afrique du Sud, nation encore déchirée par l’Apartheid (ce régime sera aboli en 1991), que Paul Simon enregistra cet album, après avoir découvert la richesse musicale de plusieurs artistes noirs sud africains (il collabora notamment avec le groupe vocal Ladysmith Black Manbazo).

Mêlant anglais et zoulou, pop music et mbaqanga (musique de rue de Soweto), « Graceland » est un régal rythmique et mélodique où chaque titre est un enchantement.

A redécouvrir… ou découvrir 😉

Paul Simon – Diamonds on the sole of her shoes

Paul Simon – You can call me Al