Bruce Springsteen, The Boss

Guitare Boss

Bien sûr, il semblait évident que je consacre un article de mon blog à Bruce Springsteen, l’incontournable référence musicale qui m’accompagne depuis 30 ans.

Mais écrire sur le Boss, parcourir ses 40 ans de carrière, évoquer ses 18 albums studio, sa fidèle guitare Fender Esquire, son talentueux E-Sreet Band… et tout cela en quelques lignes… c’est tout simplement impossible ! Et puis, il y a Wikipédia pour cela…

Cet article sera donc très concis et surtout très personnel.

Humaniste infatigable, défenseur des minorités, porte parole des oubliés du rêve américain, Bruce Springsteen milite aussi pour la cause LGBT. En 2012, il a soutenu le mariage gay, et a récemment annulé un de ses concerts en Caroline du Nord pour protester contre le vote d’une loi transphobe.

C’est donc tout naturellement que j’ai choisi le Boss comme fil rouge musical du roman L’Autre Côté dans lequel il incarne un fervent défenseur des droits des homosexuels.

Ses chansons sont le reflet de ses engagements et de sa profonde humanité. Et il faut le voir sur scène pour comprendre cette complicité et cet attachement qui le relient à son public.

En concert, sans mise en scène spectaculaire, Bruce Springsteen et ses musiciens génèrent une telle joie, une telle chaleur humaine, une telle émotion, que l’on peut sentir les larmes nous monter aux yeux. Par son implication, son énergie et sa générosité, il semble que le Boss s’adresse à chacun de nous, individuellement. Sa performance au Festival des Vieilles Charrues (Carhaix, France) demeure à ce jour le concert le plus intense et le plus jubilatoire auquel j’ai assisté.

Difficile de faire un choix dans sa vaste discographie, mais voici deux de mes albums préférés, l’un studio et l’autre live :

  Born_to_Run

Bruce_Springsteen_&_The_E_Street_Band_Live_in_New_York_City_album_cover

Et une de mes chansons préférées, Thunder road, dans cette magnifique version live de 1975 :

Bruce Springsteen, Thunder road, Hammersmith Odeon, London 1975

« One, two, three, four ! »

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L’Autre Côté a 2 ans

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En avril 2014, je publiai mon second roman, L’Autre Côté.

Aujourd’hui pour son deuxième anniversaire, j’avais envie de mettre en avant ce petit frère un peu occulté par L’attrape-rêves et Fière Mary, ses deux sœurs plus remarquées.

J’aimerais aussi remercier toutes celles et tous ceux qui ont traversé de L’Autre Côté.

Pour évoquer ce roman, voici le commentaire d’une lectrice, suivi d’un extrait du roman.

Commentaire :

Entre rêve et réalité (par SyGeroux, Amazon, 3 novembre 2014)

Justement, on y est entrainé dans cet espace si particulier entre le rêve qu’on vient de quitter et la réalité qui ne nous a pas encore rattrapé. Ce roman est un peu comme ces nouvelles fantastiques de Gautier où l’on n’est jamais sûr de quel côté de la barrière on se trouve.
On s’attache aux 4 personnages principaux qui luttent pour leur vie, leur amour ou leur cause, et on suit leur évolution avec une inquiétude que l’ambiance post-apocalyptique ne peut qu’amplifier. Peu importe la religion qui prime, l’idée d’un durcissement fanatique menant à la chasse aux sorcières (ou dans ce cas à la chasse au LGBT) en temps de peur ambiante, sonne bien trop juste malheureusement.
Encore une fois, un roman très bien écrit qui nous entraîne hors du quotidien.

Extrait :

Une fois chez elle, Angela allume d’abord le feu dans l’âtre. Elle s’assoit dans le fauteuil à bascule en rotin tout près de la cheminée, ôte ses baskets et pose ses pieds sur le bord du foyer. L’image de Phyllis devant la cabane de Juan lui revient en tête. Avec elle, des souvenirs tentent de refaire surface, suivis de près d’un cortège d’émotions confuses qu’Angela veut éviter. Elle décide de se faire un café pour détourner son attention de cette spirale de sentiments qui risquent de l’emporter encore une fois. La bouilloire accrochée à la crémaillère ne tarde pas à siffler. Angela verse l’eau brûlante dans un mug portant le logo de « Starbucks Coffee », ajoute une cuillère de café lyophilisé, et quelques gouttes de la bonbonne de gin artisanal distillé par Harvey. Elle se réinstalle dans le fauteuil, allonge de nouveau ses jambes vers la cheminée et sirote doucement son café « arrangé ». La silhouette de Phyllis refait une apparition (« toujours svelte et galbée »). A cette évocation, le souvenir de leur rencontre parvient à s’imposer.

C’était au marathon de New-York. Angela avait encore une fois poussé ses limites dans le rouge, et au trente et unième kilomètre, juste à l’entrée de Central Park, comme un ultime avertissement, son organisme au bord de la rupture l’avait brutalement forcée à s’arrêter pour vomir. Alors qu’elle se maudissait d’avoir mal géré ses efforts, pliée en deux au-dessus du trottoir qu’un groupe de spectateurs dégoûtés avaient rapidement déserté, une main s’était posée sur son épaule. Par un réflexe idiot qu’elle avait regretté dans la seconde qui avait suivi, Angela s’était relevée et, tout en reniflant et s’essuyant la bouche d’un revers de manche, avait souri à une charmante femme blonde. Elle avait reconnu sa partenaire anonyme avec laquelle elles s’étaient relayées tout au long des dix derniers kilomètres. Sur le moment, Angela n’avait pas compris pourquoi cette concurrente s’était arrêtée, compromettant sa performance pour s’enquérir d’une inconnue. Phyllis lui avait tendu un mouchoir et lui avait simplement demandé : « Est-ce que ça va ? ». Comme par miracle, la nausée avait disparu et Angela avait retrouvé l’envie de terminer la course aux côtés de cette si bienveillante coéquipière : « Oui, merci, je crois que ça va aller. ».

Mais cette image s’évanouit soudain pour laisser la place à celle plus récente et douloureuse du visage exténué et inquiet de Phyllis implorante : « Angela, il faut faire demi-tour ! ».

Angela sent alors affleurer la lente et diffuse torture des remords, comme une marée de fiel à l’acidité corrosive. Désarmée face à cet assaut, elle ajoute une rasade de gin à son café, et boit en fixant les flammes, en espérant que l’alcool et la chaleur la plongeront rapidement dans une léthargie apaisante.