Comme par magie (cinquième partie)

Comme par magie

Cet article est le dernier que je consacre au livre d’Elizabeth Gilbert. J’espère que les extraits que je vous ai proposés vous ont donné envie de vous y plonger, et vous auront peut-être décidé à vivre votre créativité (si vous hésitiez encore à vous lancer ).

Il est temps pour moi de m’engager dans un nouveau projet littéraire en espérant que l’inspiration soit au rendez-vous, et qu’une nouvelle fois la grande magie de la création opère… Comptez sur moi pour vous tenir au courant 😉

Voici donc quelques extraits de la cinquième partie de Comme par magie : Confiance

La curiosité est le secret.

C’est la vérité et la voie vers une existence créative. Sans compter qu’elle est à la portée de tous.

La curiosité pose toujours une unique et simple question : « Y a-t-il quelque chose qui t’intéresse ? » N’importe quoi ? Même un tout petit peu ? Si banal ou insignifiant que ce soit ?

Il n’est pas nécessaire que la réponse chamboule toute votre existence ; il suffit qu’elle capte votre attention un moment. Mais durant cet instant, si vous arrivez à prendre le temps d’identifier ne serait-ce qu’une infime parcelle d’intérêt pour quelque chose, la curiosité vous demandera de tourner un tout petit peu la tête et d’y regarder de plus près. Obéissez.

C’est un indice. Cela n’a peut-être l’air de rien du tout, mais c’est un indice. Suivez-le. Ayez confiance. Voyez où la curiosité va vous entraîner. Après quoi suivez le deuxième indice puis le troisième, etc. C’est un simple et inoffensif jeu de piste et il pourrait vous emmener dans des endroits aussi fascinants qu’inattendus.

Ne laissez pas votre égo diriger la boutique.

Votre égo est un domestique merveilleux mais c’est un patron épouvantable, car la seule chose qu’il désire c’est la gratification, encore et encore. Et comme il n’y a jamais assez de gratification pour le satisfaire, votre égo sera toujours déçu.

Ce qui me sauve, c’est ceci : Je sais que je ne suis pas uniquement un égo ; je suis aussi une âme. Et je sais que mon âme se soucie comme d’une guigne de gratification ou d’échec. Mon âme n’est pas guidée par des rêves de louanges ou la peur des critiques. Mon âme ne désire qu’une seule chose : l’émerveillement. Et comme la créativité est la voie la plus directe vers l’émerveillement, c’est là que je me réfugie ; elle nourrit mon âme et fait taire mon égo.

L’ultime geste de confiance créative-et c’est parfois le plus difficile-consiste à faire connaître au monde votre travail une fois qu’il est achevé.

La confiance à toute épreuve exige que vous publiez votre travail quoiqu’il arrive, car elle sait que le résultat n’a pas d’importance.

La confiance à toute épreuve vous demande de tenir bon et défendre cette vérité : « Tu es méritant quelque soit le résultant. Tu continueras ton œuvre, quel que soit le résultat. Tu continueras de la partager, quel que soit le résultat. Tu ne perdras jamais ta confiance dans le processus créatif même si tu ne comprends pas le résultat.

Peut-être allez-vous remettre en question cette idée de confiance à toute épreuve. Vous demanderez peut-être : »Pourquoi devrais-je me donner le mal de créer quelque chose si le résultat risque d’être rien ? »

La réponse viendra généralement avec un sourire narquois : « Parce que c’est amusant, non ? »

De toute façon, que comptez-vous faire d’autre du temps qui vous est alloué ici-bas : ne pas créer ? Ne pas faire des trucs intéressants ? Ne pas écouter votre amour et votre curiosité ?

Il y a toujours cette possibilité, après tout. Vous avez votre libre arbitre. Si une existence créative devient trop difficile ou ingrate pour vous, vous pouvez vous arrêter quand cela vous chante.

Mais sérieusement : vous le voulez vraiment ?

Réfléchissez : vous feriez quoi, ensuite ?

En conclusion :

La créativité est sacrée, et elle n’est pas sacrée.

Ce que nous créons a énormément d’importance, et n’en a absolument aucune.

Nous sommes terrifiés, et nous sommes courageux.

L’art est une corvée épuisante, et un merveilleux privilège.

Faites de la place dans votre âme pour que ces paradoxes soient tous tout aussi vrais et je vous promets que vous pourrez faire n’importe quoi.

Alors maintenant, calmez-vous et remettez-vous au travail, d’accord ?

Les trésors cachés en vous espèrent que vous allez répondre oui.

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Comme par magie (quatrième partie)

Comme par magie

Voici quelques extraits de la quatrième partie : Persistance

Apprendre à supporter sa déception et sa frustration fait partie du travail d’un individu créatif.

J’ai récemment lu le fabuleux blog d’un écrivain du nom de Mark Manson, qui déclarait que le secret pour trouver son but dans la vie, c’est de répondre avec la plus grand honnêteté à la question suivante : « Quel est ton parfum préféré de tartine de merde ? »

Ce que veut dire Manson, c’est  que chaque activité-même si elle paraît au départ merveilleuse, passionnante et pleine de glamour-s’accompagne de sa tartine de merde particulière, de ses propres effets secondaires indésirables. Comme l’écrit Manson avec une immense sagesse : « Tout est naze une partie du temps. » Vous devez simplement décider à quel genre de nazerie vous voulez vous frotter. Du coup, la question n’est pas tant : « Qu’est-ce qui vous passionne ? » que « Qu’est-ce qui vous passionne suffisamment pour que vous puissiez supporter les aspects les plus désagréables de la tâche ? »

Car si vous aimez et désirez suffisamment quelque chose-peu importe quoi-, cela ne vous gêne pas vraiment de manger la tartine de merde qui est servie avec.

Si vous adorez vraiment vous produire sur scène, vous accepterez les inconvénients et l’inconfort des tournées.

Si vous voulez vraiment voir le monde, vous prendrez le risque de vous faire détrousser dans un train.

Si vous tenez vraiment à vous entraîner au patinage artistique, vous vous lèverez le matin avant l’aube pour aller à la patinoire.

La plupart des individus n’ont jamais bénéficié d’assez de temps, de ressources, de soutien, de mécénat ou de financement… et pourtant, ils persistent à créer. Ils persistent parce qu’ils y tiennent. Parce qu’ils ont pour vocation d’être des créateurs, par tous les moyens possibles.

Une existence créative n’est pas toujours facile, mais elle est toujours possible.

Et pour commencer, oubliez la perfection. Nous n’avons pas le temps d’être parfaits. En tout cas la perfection est impossible à atteindre : c’est un mythe, un piège, une roue pour hamster où vous vous épuiserez à tourner jusqu’à la mort.. Le perfectionnisme empêche les gens d’achever leur travail, certes- mais pire encore, il les empêche de le commencer.

Le perfectionnisme n’est rien d’autre qu’une profonde angoisse existentielle qui répète à l’envi : « Je ne suis pas assez douée et je ne le serai jamais assez. »

Que nous en fassions ou non un métier, nous avons besoin d’une activité qui soit tout sauf terre à terre et qui nous fasse sortir du rôle fixé et restrictif que nous avons dans la société (mère, employé(e), voisin(e), frère, patron(ne), etc…). Nous avons tous besoin de quelque chose qui nous aide à oublier un instant qui nous sommes-oublier temporairement notre âge, notre sexe, notre milieu socio-économique, nos devoirs, nos échecs et tout ce que nous avons perdu ou raté. peut-être que le grand bienfait de la créativité est ceci : en monopolisant totalement notre attention pendant une période brève et magique, elle nous soulage temporairement de la pesante et déplaisante obligation d’être ce que nous sommes.

Engendrez ce qui est en vous, que ce soit une réussite ou un échec. Faites-le, que les critiques vous aiment ou vous détestent-ou n’aient jamais entendu parler de vous, hier comme demain. Faites-le, que les gens comprennent ou pas.

Il n’est pas nécessaire que ce soit parfait. Ce n’est rien de plus qu’un instinct, une expérimentation et un mystère, alors lancez-vous. Commencez n’importe où. De préférence tout de suite.

Personne ne pense à vous. Pas plus aujourd’hui qu’hier.

Les gens pensent surtout à eux-mêmes. Ils n’ont pas le temps de se demander ce que vous faites ou si vous le réussissez, parce qu’ils sont bien trop préoccupés par leurs petits drames personnels. Il se peut que vous attiriez leurs attention brièvement (si vous connaissez une réussite ou un échec retentissants et publics par exemple), mais cette attention retournera rapidement là où elle a toujours été dirigée : sur eux-mêmes.

Si au premier abord vous vous sentez horriblement mal et seul en imaginant que vous n’êtes pas la préoccupation prioritaire de tout un chacun, vous y trouverez aussi un grand soulagement. Vous êtes libre parce que tout le monde est trop occupé à être aux petits soins envers soi-même pour se soucier de vous.

Soyez qui vous voulez dans ce cas.

Faites ce dont vous avez envie.

Lancez-vous dans ce qui vous fascine et illumine votre vie.

Créez ce que vous désirez créer-et ne vous inquiétez pas que ce soit prodigieusement imparfait, car il y a toutes les chances que personne ne le remarque.

Et c’est génial.

Vous ne devez pas renoncer. Vous devez continuer dans l’obscurité de la forêt d’appeler votre propre Grande Magie. Vous devez chercher inlassablement, avec confiance, en espérant contre toute attente qu’un jour vous vivrez cette divine collision de communion créative-que ce soit pour la première fois ou une fois de plus.

Car lorsque cela se produit, c’est fabuleux. Quand la conjonction se fait, vous ne pouvez que vous inclinez de gratitude, comme si une audience avec le divin vous avait été accordée.

Parce que c’est le cas.

Comme par magie (troisième partie)

Comme par magie

Voici quelques extraits de la troisième partie : Permission

Ce qui vous empêche souvent de mener une existence créative, c’est précisément votre égocentrisme (vos doutes, votre manque d’estime de soi, les jugements que vous portez sur vous-même et ces réflexes de défense qui vous paralysent).

Vous devez d’abord déclarer votre intention. Redressez-vous et dites ce que vous êtes :

Je suis un / une écrivain.

Je suis un chanteur / une chanteuse.

Je suis un acteur / une actrice.

Je suis un jardinier / une jardinière.

Je suis ceci ou cela et je suis aussi cet autre truc !

Je ne sais pas encore exactement ce que je suis, mais je suis assez curieux pour avoir envie de le découvrir !

Dites-le. Faites savoir que vous êtes là.

On vous fourrera dans toutes sortes de boîtes. On vous collera une étiquette : génie, escroc, amateur, imposteur, débutant, dépassé, dilettante, copieur, étoile-montante, novateur. Il se peut qu’on se répande sur votre compte en flatterie ou en quolibets. Cela n’a absolument aucune importance. Laissez les gens avoir leur opinion. Mais ne cédez jamais à l’illusion de croire que vous avez besoin de la bénédiction de quelqu’un (et encore moins de la compréhension) pour produire votre œuvre. Et souvenez-vous toujours que le jugement que les gens portent sur vous ne vous concerne pas.

Rappelez-vous ce que W.C. Field disait sur la question : « Ce n’est pas le nom qu’on vous donne qui compte, c’est celui auquel vous répondez. »

En fait ne prenez même pas la peine de répondre. Continuez simplement de faire ce qui vous plaît.

Si les gens apprécient ce que vous avez créé, c’est fantastique. S’ils ignorent ce que vous avez créé, tant pis. S’ils comprennent de travers ce que vous avez créé, n’en faites pas toute une affaire. Et s’ils détestent totalement ce que vous avez créé ?

Contentez-vous de sourire suavement et de leur suggérer -le plus courtoisement possible- d’aller faire leur propre putain d’art.

Et sur ce, continuez obstinément le vôtre.