Comme par magie (quatrième partie)

Comme par magie

Voici quelques extraits de la quatrième partie : Persistance

Apprendre à supporter sa déception et sa frustration fait partie du travail d’un individu créatif.

J’ai récemment lu le fabuleux blog d’un écrivain du nom de Mark Manson, qui déclarait que le secret pour trouver son but dans la vie, c’est de répondre avec la plus grand honnêteté à la question suivante : « Quel est ton parfum préféré de tartine de merde ? »

Ce que veut dire Manson, c’est  que chaque activité-même si elle paraît au départ merveilleuse, passionnante et pleine de glamour-s’accompagne de sa tartine de merde particulière, de ses propres effets secondaires indésirables. Comme l’écrit Manson avec une immense sagesse : « Tout est naze une partie du temps. » Vous devez simplement décider à quel genre de nazerie vous voulez vous frotter. Du coup, la question n’est pas tant : « Qu’est-ce qui vous passionne ? » que « Qu’est-ce qui vous passionne suffisamment pour que vous puissiez supporter les aspects les plus désagréables de la tâche ? »

Car si vous aimez et désirez suffisamment quelque chose-peu importe quoi-, cela ne vous gêne pas vraiment de manger la tartine de merde qui est servie avec.

Si vous adorez vraiment vous produire sur scène, vous accepterez les inconvénients et l’inconfort des tournées.

Si vous voulez vraiment voir le monde, vous prendrez le risque de vous faire détrousser dans un train.

Si vous tenez vraiment à vous entraîner au patinage artistique, vous vous lèverez le matin avant l’aube pour aller à la patinoire.

La plupart des individus n’ont jamais bénéficié d’assez de temps, de ressources, de soutien, de mécénat ou de financement… et pourtant, ils persistent à créer. Ils persistent parce qu’ils y tiennent. Parce qu’ils ont pour vocation d’être des créateurs, par tous les moyens possibles.

Une existence créative n’est pas toujours facile, mais elle est toujours possible.

Et pour commencer, oubliez la perfection. Nous n’avons pas le temps d’être parfaits. En tout cas la perfection est impossible à atteindre : c’est un mythe, un piège, une roue pour hamster où vous vous épuiserez à tourner jusqu’à la mort.. Le perfectionnisme empêche les gens d’achever leur travail, certes- mais pire encore, il les empêche de le commencer.

Le perfectionnisme n’est rien d’autre qu’une profonde angoisse existentielle qui répète à l’envi : « Je ne suis pas assez douée et je ne le serai jamais assez. »

Que nous en fassions ou non un métier, nous avons besoin d’une activité qui soit tout sauf terre à terre et qui nous fasse sortir du rôle fixé et restrictif que nous avons dans la société (mère, employé(e), voisin(e), frère, patron(ne), etc…). Nous avons tous besoin de quelque chose qui nous aide à oublier un instant qui nous sommes-oublier temporairement notre âge, notre sexe, notre milieu socio-économique, nos devoirs, nos échecs et tout ce que nous avons perdu ou raté. peut-être que le grand bienfait de la créativité est ceci : en monopolisant totalement notre attention pendant une période brève et magique, elle nous soulage temporairement de la pesante et déplaisante obligation d’être ce que nous sommes.

Engendrez ce qui est en vous, que ce soit une réussite ou un échec. Faites-le, que les critiques vous aiment ou vous détestent-ou n’aient jamais entendu parler de vous, hier comme demain. Faites-le, que les gens comprennent ou pas.

Il n’est pas nécessaire que ce soit parfait. Ce n’est rien de plus qu’un instinct, une expérimentation et un mystère, alors lancez-vous. Commencez n’importe où. De préférence tout de suite.

Personne ne pense à vous. Pas plus aujourd’hui qu’hier.

Les gens pensent surtout à eux-mêmes. Ils n’ont pas le temps de se demander ce que vous faites ou si vous le réussissez, parce qu’ils sont bien trop préoccupés par leurs petits drames personnels. Il se peut que vous attiriez leurs attention brièvement (si vous connaissez une réussite ou un échec retentissants et publics par exemple), mais cette attention retournera rapidement là où elle a toujours été dirigée : sur eux-mêmes.

Si au premier abord vous vous sentez horriblement mal et seul en imaginant que vous n’êtes pas la préoccupation prioritaire de tout un chacun, vous y trouverez aussi un grand soulagement. Vous êtes libre parce que tout le monde est trop occupé à être aux petits soins envers soi-même pour se soucier de vous.

Soyez qui vous voulez dans ce cas.

Faites ce dont vous avez envie.

Lancez-vous dans ce qui vous fascine et illumine votre vie.

Créez ce que vous désirez créer-et ne vous inquiétez pas que ce soit prodigieusement imparfait, car il y a toutes les chances que personne ne le remarque.

Et c’est génial.

Vous ne devez pas renoncer. Vous devez continuer dans l’obscurité de la forêt d’appeler votre propre Grande Magie. Vous devez chercher inlassablement, avec confiance, en espérant contre toute attente qu’un jour vous vivrez cette divine collision de communion créative-que ce soit pour la première fois ou une fois de plus.

Car lorsque cela se produit, c’est fabuleux. Quand la conjonction se fait, vous ne pouvez que vous inclinez de gratitude, comme si une audience avec le divin vous avait été accordée.

Parce que c’est le cas.

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