Quand on a 17 ans… et… Moonlight

Quand on a 17 ans d’André Téchiné

Quand on a 17 ans

Dans le sud-ouest de la France, au cœur des Pyrénées, Damien, 17 ans, fils de militaire, vit avec sa mère médecin, pendant que son père est en mission. Au lycée, il est malmené par Thomas, enfant adoptif de fermiers montagnards. La violence dont Damien et Thomas font preuve l’un envers l’autre va évoluer en désirs troubles quand la mère de Damien décide de recueillir Thomas sous leur toit.

Les deux jeunes acteurs, Kacey Mottet Klein et Corentin Fila, d’une authenticité sensuelle et brute, sont formidablement dirigés. Sandrine Kimberlain y est elle aussi, parfaite.

Bande annonce « Quand on a 17 ans »

Moonlight de Barry Jenkins

moonlight movie poster

L’histoire de Moonlight se déroule aux États-Unis, dans un quartier défavorisé de Miami où Chiron, un afro-américain, tente de grandir entre un milieu scolaire hostile et sa mère toxicomane. Il découvre son homosexualité, et peine à trouver sa place dans cet environnement social violent aux codes hétéro-normés.

Le film est scindé en trois parties correspondant à trois périodes cruciales de la vie de Chiron : 9-10 ans, 16-17 ans, et dix ans plus tard.

Barry Jenkins filme avec beaucoup de délicatesse le parcours de Chiron, sans jamais édulcorer l’homophobie dont est victime le héros.

Bande annonce « Moonlight »

Quand on a 17 ans et Moonlight sont deux films remarquables traitant de la même quête d’identité, chacun avec une approche différente reflétant deux cultures différentes, deux milieux sociaux différents, deux démarches artistiques différentes.

Mais tous deux décrivent avec talent, clairvoyance et sensibilité, cette confusion et cette difficulté d’être lorsque l’on prend conscience de sa différence ; et ils mettent tous deux en évidence que, finalement, l’homophobie la plus violente et la plus dévastatrice est bien celle que l’on porte en nous, malgré nous. Cette homophobie ordinaire, archaïque, héritage délétère qui rend nos désirs opaques et nous pousse à l’auto-censure.

Publicités

Mémoire d’elles… et… Carol

Mémoires d'elles

Ce roman est le récit d’une bouleversante histoire d’amour entre deux femmes dans l’Amérique des années 60.

Au début du livre, nous sommes plongés dans le quotidien de Billie, une vieille dame de 80 ans, qui vit en Californie, au bord de l’océan.

Un soir, un appel inattendu ravive sa mémoire. Des souvenirs qu’elle avait enfouis au plus profond d’elle-même, la submergent à nouveau.

Elle se souvient de sa rencontre avec Eva…

En 1960, Billie et Eva sont deux femmes au foyer, mères dévouées et épouses obéissantes, comme l’exige la société maritale et patriarcale de cette époque.

Leur passion amoureuse va bouleverser leur quotidien et nourrir leur espoir de vivre ensemble une nouvelle vie, libérées du carcan des conventions imposées par l’Amérique puritaine de cette époque.

Le style poétique de T. Greenwood, son écriture d’une grande finesse, nous fait vivre au plus près l’histoire poignante de Billie et Eva.

Carol

Quelques mois après avoir lu Mémoire d’elles, j’ai vu Carol. Ce film, adapté d’un roman de Patricia Highsmith et réalisé par Todd Haynes, a fait écho au roman de T. Greenwood.

L’Amérique des années 50 en est cette fois-ci le décor, tout aussi puritaine et intolérante vis à vis de l’homosexualité qu’elle considère comme une pathologie, une déviance contre-nature qui relève de la psychiatrie.

C’est à New-York que Thérèse, employée dans un grand magasin et passionnée de photographie, rencontre Carol, cliente distinguée et séduisante, prisonnière d’un mariage malheureux.

Ces deux femmes, magistralement interprétées par Cate Blanchett et Rooney Mara, follement éprises l’une de l’autre, vont tenter elles aussi, comme Billie et Eva, d’affirmer leur indépendance pour vivre librement leur amour, envers et contre tous.

Bande annonce

La belle saison

La belle saison

En 2015, La belle saison est sans aucun doute le film qui m’a le plus émue.

Cette histoire d’amour entre Delphine, jeune agricultrice, et Carole, militante féministe, pendant les années 70, est sobrement et superbement filmée par la réalisatrice Catherine Corsini qui, au passage, nous rappelle que le féminisme est loin d’être une lutte obsolète, et que 45 ans après, il reste encore du chemin à parcourir vers l’égalité et la tolérance.

Les deux actrices principales, Cécile de France et Izia Higelin y sont bouleversantes de justesse.

Un film solaire qui nous emporte dans un tourbillon d’émotions allant du rire aux larmes, de la tendresse à la sensualité, de la colère à la tristesse.

Magnifique !

Bande annonce